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Le Taj Mahal : le mausolée de l'amour éternel

Monument • Empire moghol • 1632-1648

Le Taj Mahal

Photo : Yann Forget / Jim Carter — licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

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Comment la reconnaître

Mausolée de marbre blanc au grand dôme bulbeux encadré de quatre minarets, reflété dans un long bassin bordé de jardins.

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Artiste

Ustad Ahmad Lahauri (architecte principal)

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Période

1632-1648 (Empire moghol)

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Où la voir

Agra, Inde

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Le saviez-vous ?

Le Taj Mahal est un tombeau : l'empereur Shah Jahan l'a fait bâtir en mémoire de son épouse Mumtaz Mahal, morte en donnant naissance à leur quatorzième enfant.

C'est peut-être la plus belle déclaration d'amour jamais bâtie : un mausolée de marbre blanc si parfait qu'il semble flotter au-dessus de son bassin, élevé par un empereur inconsolable à l'épouse qu'il venait de perdre. Vingt-deux ans de chantier, vingt mille artisans, des pierres fines venues de toute l'Asie — et un monument qui change de couleur avec la lumière du jour.

Un monument né d'un chagrin d'amour

En 1631, l'impératrice Mumtaz Mahal, épouse favorite de l'empereur moghol Shah Jahan, meurt en donnant naissance à leur quatorzième enfant. Fou de douleur — les chroniques disent que sa barbe blanchit en quelques mois —, l'empereur décide d'élever à « l'Élue du Palais » le plus beau tombeau jamais construit, sur la rive de la Yamunâ, à Agra. Le chantier principal s'achève en 1648, les dépendances vers 1653.

22 ans de chantier, 20 000 artisans

Sous la direction de l'architecte Ustad Ahmad Lahauri, quelque 20 000 ouvriers et artisans — calligraphes de Perse, marqueteurs, lapidaires — et un millier d'éléphants acheminent et façonnent les matériaux : marbre blanc du Rajasthan (Makrana), jaspe du Pendjab, jade et cristal de Chine, turquoise du Tibet, lapis-lazuli d'Afghanistan, cornaline d'Arabie. Les parois sont ornées de pietra dura : des fleurs de pierres fines incrustées dans le marbre avec une précision de bijoutier, et de versets du Coran calligraphiés dont la taille augmente avec la hauteur pour paraître uniforme depuis le sol.

Shah Jahan, l'empereur bâtisseur

Cinquième empereur moghol, Shah Jahan (1592-1666) — « le Roi du Monde » — règne de 1628 à 1658 sur l'apogée d'un empire couvrant la majeure partie du sous-continent indien. Son règne est l'âge d'or de l'architecture moghole : outre le Taj Mahal, on lui doit le Fort rouge de Delhi, l'immense mosquée Jama Masjid, les jardins de Shalimar à Lahore et le fabuleux Trône du Paon, incrusté de diamants — dont le Koh-i-Noor. Mumtaz Mahal n'était pas une épouse parmi d'autres : mariée à lui depuis 1612, elle l'accompagnait jusque dans ses campagnes militaires et était sa conseillère la plus écoutée ; sa mort en couches, lors de la naissance de leur quatorzième enfant, brisa littéralement l'empereur. La fin de Shah Jahan est tragique : en 1658, son fils Aurangzeb le renverse et l'assigne à résidence au Fort rouge d'Agra, d'où il pouvait contempler, au fil de la Yamunâ, le tombeau de son épouse. Il y meurt huit ans plus tard, et repose désormais à ses côtés sous le grand dôme blanc.

Une symétrie pensée jusqu'au moindre détail

Le Taj Mahal est un ensemble complet : grande porte de grès rouge, jardin persan en charbagh divisé en quatre par des canaux, long bassin où le mausolée se reflète, mosquée à l'ouest et pavillon jumeau à l'est pour préserver la symétrie. Les quatre minarets penchent imperceptiblement vers l'extérieur : en cas de séisme, ils s'effondreraient loin du dôme central de 73 mètres. Une seule entorse à la symétrie parfaite : le cénotaphe de Shah Jahan, placé après sa mort à côté de celui de Mumtaz — les vraies tombes reposent dans une crypte, à l'étage inférieur.

La légende du « Taj noir »

Shah Jahan aurait projeté de se faire construire un mausolée jumeau en marbre noir, en miroir sur l'autre rive de la Yamunâ. Aucune preuve archéologique sérieuse ne l'atteste : c'est une belle légende, née du récit d'un voyageur européen du XVIIe siècle.

FAQ — Questions fréquentes

Le Taj Mahal change-t-il de couleur ?

Oui, c'est l'un de ses enchantements : rosé à l'aube, blanc éclatant à midi, doré au crépuscule et bleuté les nuits de pleine lune. Le marbre de Makrana, légèrement translucide, réagit à chaque lumière.

A-t-on vraiment coupé les mains des artisans ?

Non. Cette légende tenace — Shah Jahan mutilant ses ouvriers pour qu'ils ne reproduisent jamais le chef-d'œuvre — n'apparaît dans aucune source d'époque. Les artisans étaient au contraire des maîtres réputés et bien payés.

Quand visiter le Taj Mahal ?

D'octobre à mars pour la douceur du climat, au lever du soleil pour la lumière et la foule moindre. Le site est fermé le vendredi, jour de prière à la mosquée. Comptez aussi une visite du Fort d'Agra tout proche.

Le monument est-il menacé ?

La pollution atmosphérique et industrielle jaunit le marbre, régulièrement nettoyé à l'argile. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983 et élu parmi les sept nouvelles merveilles du monde en 2007, il fait l'objet d'une protection renforcée : véhicules à essence tenus à distance et zone industrielle réglementée.

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