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L’Arc de triomphe : le monument au cœur de l’histoire française

Monument • Jean-François-Thérèse Chalgrin (architecte), commandé par Napoléon Ier • 1806-1836

L’Arc de triomphe, monument de Jean-François-Thérèse Chalgrin (architecte), commandé par Napoléon Ier : Un immense arc de pierre aux reliefs…
L’Arc de triomphe — monument de Jean-François-Thérèse Chalgrin (architecte), commandé par Napoléon Ier (1806-1836)

Photo : Alvesgaspar — licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

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Comment la reconnaître

Un immense arc de pierre aux reliefs monumentaux domine une place d’où partent douze grandes avenues parisiennes.

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Artiste

Jean-François-Thérèse Chalgrin (architecte), commandé par Napoléon Ier

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Période

1806-1836 (Néoclassicisme)

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Où la voir

Place Charles-de-Gaulle, Paris, France

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Le saviez-vous ?

La tombe du Soldat inconnu et sa flamme sont installées sous l’arc depuis 1921, avec un ravivage quotidien de la flamme.

Au sommet des Champs-Élysées, l’Arc de triomphe de l’Étoile domine Paris et organise le paysage monumental de la capitale. Érigé à la demande de Napoléon Ier pour célébrer les armées françaises, il est devenu un lieu de mémoire nationale, notamment depuis l’installation de la tombe du Soldat inconnu sous sa voûte.

Une commande impériale devenue monument national

Le projet naît en 1806, après la victoire de la Grande Armée à Austerlitz. Napoléon souhaite offrir à ses soldats un monument capable de rivaliser avec les grands arcs commémoratifs de l’Antiquité romaine. L’architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin reçoit la responsabilité de concevoir l’ouvrage, avec Jean-Arnaud Raymond comme collaborateur.

La première pierre est posée le 15 août 1806, mais le chantier avance lentement. Les fondations et les contraintes techniques exigent un travail considérable, tandis que les bouleversements politiques interrompent la construction. Chalgrin meurt en 1811, avant l’achèvement de l’arc. Le projet est ensuite poursuivi et adapté par d’autres architectes, notamment Louis-Robert Goust puis Jean-Nicolas Huyot.

Après la chute de Napoléon, le monument perd sa fonction strictement impériale sans perdre sa portée symbolique. Le chantier reprend sous la Restauration, puis sous la monarchie de Juillet. L’Arc de triomphe est finalement inauguré le 29 juillet 1836, sous le règne de Louis-Philippe. Son histoire explique pourquoi il associe la mémoire napoléonienne à une célébration plus large des armées et de la nation.

Une architecture néoclassique aux proportions imposantes

Avec environ 50 mètres de hauteur, 45 mètres de largeur et 22 mètres de profondeur, l’Arc de triomphe s’impose par une masse architecturale lisible de très loin. Sa silhouette repose sur une grande arcade centrale encadrée de passages latéraux plus bas. L’ensemble est construit en pierre et organisé selon une composition symétrique, caractéristique du néoclassicisme.

Le monument ne reprend pas exactement les proportions d’un arc antique : son volume puissant et ses vastes surfaces sculptées lui donnent une présence presque théâtrale. Les façades sont rythmées par des pilastres, des corniches et des frises. Les noms de centaines de généraux et de batailles sont gravés sur les faces intérieures et les soubassements, transformant l’édifice en vaste répertoire de la mémoire militaire française.

Les quatre grands reliefs des façades racontent différents moments de l’histoire nationale. Le plus célèbre est Le Départ des volontaires de 1792, appelé couramment La Marseillaise, sculpté par François Rude. Il montre une figure féminine ailée entraînant des volontaires avec une énergie mouvementée. Les autres groupes sont Le Triomphe de 1810, de Jean-Pierre Cortot, ainsi que La Résistance de 1814 et La Paix de 1815, réalisés par Antoine Étex.

Cette combinaison entre ordre architectural et mouvement sculptural crée une tension expressive. La pierre semble à la fois stable, destinée à durer, et animée par l’élan des soldats, les drapeaux et les figures allégoriques. L’arc est ainsi un monument de victoire, mais aussi un support de récits politiques et patriotiques.

Jean-François-Thérèse Chalgrin, un architecte entre tradition et modernité

Né en 1739 et mort en 1811, Jean-François-Thérèse Chalgrin appartient à la génération qui renouvelle l’architecture française en s’appuyant sur l’Antiquité. Formé dans le contexte de l’Académie de France à Rome, il connaît les édifices antiques et les principes de composition fondés sur la clarté, la symétrie et la monumentalité.

Avant l’Arc de triomphe, Chalgrin s’est illustré dans plusieurs projets parisiens, dont l’église Saint-Philippe-du-Roule. Son architecture privilégie les volumes lisibles et les références classiques, sans chercher à reproduire mécaniquement les modèles anciens. Pour l’Arc de triomphe, il imagine une structure ambitieuse dont l’échelle répond à la nouvelle dimension politique de Paris.

Chalgrin ne voit pas l’achèvement de son œuvre. Cette disparition explique en partie les modifications apportées au projet au fil des décennies. Malgré ces interventions, l’édifice conserve l’idée directrice de son concepteur : un grand signe urbain, visible depuis les principales voies de la capitale et capable d’inscrire l’histoire contemporaine dans une forme héritée de Rome.

Un lieu de mémoire toujours vivant

L’Arc de triomphe n’est pas seulement un décor monumental au bout des Champs-Élysées. Il se trouve au centre d’une place aujourd’hui appelée place Charles-de-Gaulle, d’où partent douze grandes avenues. Cette organisation en étoile, particulièrement spectaculaire vue depuis les hauteurs du monument, participe à sa force visuelle et à son rôle dans l’identité de Paris.

Après la Première Guerre mondiale, l’arc devient un lieu de recueillement. La tombe du Soldat inconnu est installée sous la voûte en 1921. Elle rend hommage à tous les combattants morts pour la France dont l’identité n’a pas pu être établie. La flamme du Souvenir, allumée pour la première fois le 11 novembre 1923, est ravivée chaque soir lors d’une cérémonie quotidienne.

Le monument a également été associé à de grands événements de l’histoire contemporaine : défilés militaires, cérémonies nationales et rassemblements commémoratifs. Son sens n’est pourtant jamais totalement figé. Les reliefs célèbrent des victoires, tandis que la tombe et la flamme invitent à penser le coût humain des conflits. Cette coexistence donne à l’Arc une portée historique et civique qui dépasse la seule gloire napoléonienne.

FAQ — Questions fréquentes

Quand l’Arc de triomphe a-t-il été construit ?

Le chantier commence en 1806 à la demande de Napoléon Ier et s’achève trente ans plus tard. Le monument est inauguré en 1836, sous Louis-Philippe.

Qui a conçu l’Arc de triomphe ?

L’architecte principal est Jean-François-Thérèse Chalgrin. Après sa mort, le projet est poursuivi et modifié par d’autres architectes, dont Jean-Nicolas Huyot.

Que voit-on sous l’Arc de triomphe ?

On y trouve la tombe du Soldat inconnu, installée en 1921, ainsi que la flamme du Souvenir, ravivée chaque soir lors d’une cérémonie.

Pourquoi la place est-elle appelée l’Étoile ?

Douze grandes avenues rayonnent autour du monument et forment un vaste dessin en étoile. Depuis 1970, la place porte officiellement le nom de place Charles-de-Gaulle.

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