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Le Baiser de Klimt : l'étreinte d'or de Vienne

Peinture • Gustav Klimt • 1907-1908

Le Baiser

Image : domaine public, via Wikimedia Commons

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Comment la reconnaître

Couple enlacé drapé d'or et de motifs géométriques, agenouillé dans un pré fleuri au bord d'un précipice, fond doré scintillant.

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Artiste

Gustav Klimt

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Période

1907-1908 (Sécession viennoise)

📍

Où la voir

Galerie du Belvédère, Vienne

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Le saviez-vous ?

Le Belvédère a acheté Le Baiser dès 1908, avant même que Klimt ne l'ait terminé — 25 000 couronnes, un record pour un tableau autrichien à l'époque.

Un homme et une femme fondus dans un même manteau d'or, agenouillés sur un tapis de fleurs au bord du vide : Le Baiser est l'image même de l'amour absolu — et le sommet de la « période dorée » de Gustav Klimt. À Vienne, où il n'a jamais quitté le palais du Belvédère, il est devenu ce que La Joconde est au Louvre : l'œuvre que le monde entier vient voir.

Le sommet de la période dorée

Entre 1901 et 1909, Klimt recouvre ses toiles de véritable feuille d'or — un savoir-faire hérité de son père, orfèvre-graveur. Inspiré par les mosaïques byzantines de Ravenne, qu'il découvre en 1903, il fond ses figures dans des fonds d'or irréels. Dans Le Baiser, peint en 1907-1908, l'or n'est pas un décor : il est la matière même de l'étreinte, une bulle précieuse qui isole les amants du monde.

Regardez les détails : le manteau de l'homme est strié de rectangles noirs et blancs, verticaux, virils ; la robe de la femme fleurit en cercles et corolles colorées. Deux vocabulaires ornementaux qui s'épousent sans se confondre — toute la tension du tableau tient dans ce dialogue géométrique.

Qui sont les amants ?

Klimt n'a laissé aucune explication. L'hypothèse la plus romantique — et la plus probable — reconnaît le peintre lui-même et Emilie Flöge, styliste d'avant-garde et compagne de toute sa vie. D'autres y voient Adele Bloch-Bauer, son modèle et mécène. La femme agenouillée, les pieds au bord d'un précipice fleuri, s'abandonne les yeux clos : l'amour chez Klimt est toujours suspendu entre extase et vertige.

Gustav Klimt, le rebelle doré de Vienne

Gustav Klimt (1862-1918), fils d'un orfèvre modeste, commence en décorateur officiel prodige — plafonds du Burgtheater, escaliers du Kunsthistorisches Museum — avant de faire scandale : ses peintures pour l'université de Vienne, jugées « pornographiques », déclenchent l'une des plus grandes batailles artistiques de l'époque. En 1897, il claque la porte de l'académisme et fonde la Sécession viennoise, dont la devise orne encore le pavillon : « À chaque époque son art, à l'art sa liberté. » Portraitiste adulé de la haute société, entouré de chats et de modèles dans son atelier où il travaillait en longue blouse bleue, il meurt en 1918, emporté par la grippe espagnole qui fauchera aussi Egon Schiele, son héritier spirituel. Le Baiser reste son autoportrait le plus intime — l'orfèvre et le peintre enfin réconciliés.

FAQ — Questions fréquentes

Où voir Le Baiser ?

À la Galerie du Belvédère, à Vienne, qui l'a acquis dès 1908. L'œuvre n'a jamais quitté l'Autriche et ne voyage pas : il faut aller à Vienne pour la voir.

Est-ce vraiment de l'or ?

Oui : de la feuille d'or véritable, posée sur la toile et rehaussée de peinture. C'est aussi pour cela que les reproductions déçoivent toujours — l'or réagit à la lumière réelle de la salle.

Quelle est la taille du tableau ?

Un carré monumental de 180 × 180 cm. Le format carré, inhabituel, renforce l'effet d'icône religieuse — une « icône de l'amour » profane.

Pourquoi le tableau s'appelait-il « Les Amants » ?

C'est son premier titre, celui de l'exposition de 1908. « Le Baiser » s'est imposé ensuite — plus direct, il a contribué à faire de l'œuvre l'emblème universel du couple.

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