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La Jeune Fille à la perle : la Joconde du Nord

Peinture • Johannes Vermeer • Vers 1665

La Jeune Fille à la perle

Image : domaine public, via Wikimedia Commons

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Comment la reconnaître

Jeune femme au turban bleu et jaune se retournant vers le spectateur, perle brillante à l’oreille, fond sombre uni.

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Artiste

Johannes Vermeer

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Période

Vers 1665 (Siècle d'or néerlandais)

📍

Où la voir

Mauritshuis, La Haye

💡

Le saviez-vous ?

Surnommée la « Joconde du Nord », sa fameuse perle n'en est probablement pas une : trop grosse, elle serait en verre ou en étain peint.

Elle se retourne vers vous comme si vous veniez de l'appeler : lèvres entrouvertes, regard humide, une perle impossible à l'oreille. La Jeune Fille à la perle n'est ni un portrait, ni une histoire — c'est un instant suspendu depuis plus de trois siècles et demi, signé du peintre le plus mystérieux du Siècle d'or hollandais. Un tableau acheté deux florins en 1881, devenu l'œuvre la plus aimée des Pays-Bas.

Un « tronie », pas un portrait

Contrairement aux apparences, La Jeune Fille à la perle n'est pas le portrait d'une personne identifiée. C'est un tronie : un genre typiquement hollandais du XVIIe siècle représentant une tête expressive, souvent parée d'un costume exotique, peinte pour le plaisir de l'exercice et la vente libre. Le turban « à la turque » et l'énorme perle relèvent du déguisement d'atelier, pas de la garde-robe d'une bourgeoise de Delft.

L'identité du modèle reste donc un mystère délicieux. On a proposé Maria, la fille aînée de Vermeer, ou une servante — hypothèse popularisée par le roman de Tracy Chevalier et son adaptation au cinéma avec Scarlett Johansson (2003). Aucune preuve ne tranche.

La magie de Vermeer

Une lumière qui semble réelle

Sur un fond sombre — à l'origine un rideau vert profond, aujourd'hui noirci —, le visage surgit dans une lumière douce venue de la gauche. Vermeer construit le volume sans aucun trait de contour : la joue, le nez, le regard humide naissent uniquement de transitions de lumière. Les lèvres entrouvertes et le regard par-dessus l'épaule créent une intimité saisissante, comme si la jeune fille venait tout juste de se retourner vers vous.

Des pigments de luxe

Le turban est peint à l'outremer naturel, un bleu tiré du lapis-lazuli d'Afghanistan qui coûtait alors plus cher que l'or. Vermeer, éternel endetté, ne s'en privait pourtant jamais — c'est l'une de ses signatures.

La perle impossible

Regardez-la de près : la « perle » n'est qu'un fantôme de deux coups de pinceau — un reflet clair en haut, le reflet du col en bas. Ni contour, ni crochet d'attache. Et sa taille est invraisemblable pour une perle naturelle. Les spécialistes penchent pour une perle de verre vernie ou une boucle d'étain poli, accessoire d'atelier courant à l'époque. L'illusion, elle, est totale.

Vermeer, le sphinx de Delft

Johannes Vermeer (1632-1675) a passé toute sa vie à Delft, dont il n'a probablement jamais quitté les environs. Aubergiste et marchand de tableaux comme son père, converti au catholicisme pour épouser Catharina Bolnes — avec qui il aura quinze enfants, dont onze survivront —, il peint lentement, deux ou trois toiles par an, pour un petit cercle d'amateurs locaux. On ne lui connaît ni élève, ni carnet, ni autoportrait certain : d'où son surnom de « sphinx de Delft ». Ruiné par la crise économique de 1672, il meurt à 43 ans, criblé de dettes, laissant à peine 35 à 37 tableaux aujourd'hui attribués avec certitude. Oublié pendant deux siècles, il est redécouvert vers 1866 par le critique français Théophile Thoré-Bürger — et considéré depuis comme l'un des plus grands peintres de tous les temps.

Oubliée, puis adorée

Le tableau disparaît des radars pendant deux siècles. En 1881, le collectionneur Arnoldus des Tombe l'achète aux enchères de La Haye pour deux florins et trente cents — une misère — dans un état très dégradé. Restauré, il est légué en 1902 au Mauritshuis de La Haye, qu'il n'a plus quitté. Il est aujourd'hui l'œuvre la plus aimée des Pays-Bas.

FAQ — Questions fréquentes

Pourquoi la surnomme-t-on la « Joconde du Nord » ?

Pour son statut d'icône absolue de la peinture nordique, son regard qui accroche le spectateur et son aura de mystère — trois points communs avec le chef-d'œuvre de Léonard de Vinci.

Où voir La Jeune Fille à la perle ?

Au Mauritshuis de La Haye, aux Pays-Bas, un musée intimiste qui abrite aussi La Leçon d'anatomie de Rembrandt et Le Chardonneret de Fabritius.

Combien Vermeer a-t-il peint de tableaux ?

Seulement 35 à 37 toiles lui sont attribuées avec certitude. Vermeer peignait lentement, vivait du commerce d'art et mourut criblé de dettes à 43 ans, laissant une œuvre rare et précieuse.

La jeune fille a-t-elle vraiment existé ?

Personne ne le sait. Le genre du tronie n'exigeait pas de modèle identifiable, et aucun document d'époque ne mentionne la personne représentée.

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