Toutes les questions

Pourquoi un petit Cupidon est-il placé près de la jambe d’Auguste ?

RÉPONSE COURTE

Le petit Cupidon rappelle qu’Auguste revendiquait une ascendance divine par la déesse Vénus, ancêtre mythique de la famille Julia. Le dauphin et l’enfant servent aussi d’appui à la statue, mais leur rôle principal est symbolique et politique.

Auguste de Prima Porta

Un signe de l’ascendance divine d’Auguste

Le petit personnage placé près de la jambe gauche d’Auguste n’est pas un enfant représenté par hasard. Il s’agit de Cupidon, ou Éros dans la tradition grecque, le dieu de l’amour et le fils de Vénus. Sa présence renvoie directement à une revendication essentielle de la famille impériale : les Julii, la famille d’Auguste, prétendaient descendre de la déesse Vénus.

Selon le récit fondateur de Rome, Vénus était la mère du héros troyen Énée. Celui-ci eut un fils, Ascagne, également appelé Iule. La gens Julia faisait remonter son propre nom et ses origines à ce Iule. En plaçant Cupidon auprès d’Auguste, le sculpteur rappelle donc une généalogie mythique qui relie l’empereur à Vénus, à Énée et, au-delà, aux origines légendaires de Rome.

Le détail ne signifie pas qu’Auguste est montré dans une scène intime avec un enfant. Il transforme plutôt son portrait en message politique : le pouvoir de l’empereur s’inscrit dans une histoire sacrée et héroïque. Cette association est particulièrement efficace dans une statue officielle où Auguste apparaît en chef victorieux, s’adressant à ses soldats.

Pourquoi Cupidon est-il placé si bas ?

Le Cupidon de l’Auguste de Prima Porta est de petite taille et se trouve près de la jambe, à côté d’un dauphin. Cette position correspond en partie aux contraintes de la sculpture. Un enfant et un animal sculptés contre la jambe relient cette dernière au support inférieur et contribuent à stabiliser une statue de marbre dont la figure principale avance et tend le bras.

Il serait toutefois réducteur de n’y voir qu’un élément technique. Dans la sculpture antique, un détail peut remplir simultanément une fonction matérielle et une fonction symbolique. Le groupe Cupidon-dauphin aide probablement à soutenir la composition, tout en donnant immédiatement au spectateur une référence à Vénus et à la filiation divine revendiquée par Auguste.

Les spécialistes ne peuvent pas toujours distinguer avec certitude ce qui relevait du projet original et ce qui a été restauré après la découverte. La statue conservée est une œuvre de marbre de l’époque impériale, généralement datée vers 20 avant notre ère, et certains éléments ont connu des restaurations modernes. Cela invite à rester prudent sur les détails techniques, mais ne remet pas en cause l’interprétation générale du motif.

Le dauphin renforce l’allusion à Vénus

Le dauphin n’est pas un simple animal décoratif. Dans l’art gréco-romain, il peut accompagner des divinités marines et apparaît aussi dans des compositions liées à Vénus. Le groupe formé par le dauphin et Cupidon constitue ainsi un indice visuel reconnaissable pour un public antique familiarisé avec les mythes.

Le spectateur n’avait pas besoin de lire une inscription pour comprendre le rapprochement. Un dieu de l’amour associé à Vénus, placé au pied du portrait d’un membre de la famille Julia, évoquait la protection et l’origine divine de la dynastie. Le message complétait celui de la cuirasse : celle-ci met en scène les victoires et la place d’Auguste dans l’histoire de Rome, tandis que Cupidon rappelle la légitimité ancestrale de sa famille.

Ce que la statue ne veut pas dire

Le petit Cupidon n’est pas le portrait d’un enfant de l’empereur et ne prouve pas qu’une personne réelle se tenait à ses côtés. Ce n’est pas non plus une représentation chrétienne de l’amour ou un détail ajouté pour rendre la statue plus charmante. Il s’agit d’une figure mythologique, identifiable par ses ailes et par son association avec Vénus.

Il ne faut pas davantage imaginer une scène où Auguste serait présenté comme le dieu de l’amour. L’échelle, la position et le contexte montrent une relation hiérarchique : l’empereur est le personnage monumental et actif, tandis que Cupidon agit comme un attribut et un rappel généalogique. Les Romains utilisaient souvent de petits personnages, animaux ou objets pour préciser l’identité d’une figure principale.

Une image dynastique découverte dans la villa de Livie

La statue a été découverte en 1863 dans la villa de Livie, épouse d’Auguste, près de Rome. Cette découverte explique son nom moderne, Auguste de Prima Porta, mais le lieu retrouvé ne permet pas à lui seul de déterminer sa destination initiale ni de conclure que Livie l’avait commandée pour une occasion précise.

Ce que le Cupidon permet de comprendre avec le plus de certitude, c’est la logique de l’ensemble : l’empereur victorieux n’est pas seulement un chef militaire. Il est aussi présenté comme l’héritier d’une lignée exceptionnelle, reliée par le mythe à Vénus et aux fondateurs de Rome. Le petit dieu près de sa jambe est donc un détail discret, mais indispensable pour lire la propagande dynastique de la statue.

Questions fréquentes

Qui est le petit personnage près d’Auguste ?

C’est Cupidon, le dieu romain de l’amour, représenté comme un enfant ailé. Il est associé à un dauphin et renvoie à sa mère, Vénus.

Auguste prétendait-il vraiment descendre d’une déesse ?

Oui, la famille Julia faisait remonter son ascendance mythique à Iule, fils d’Énée et descendant de Vénus. Il s’agissait d’une généalogie légendaire utilisée pour renforcer son prestige et sa légitimité.

La statue d’Auguste de Prima Porta est-elle l’originale ?

La sculpture découverte en 1863 est une œuvre de marbre datant généralement d’environ 20 avant notre ère. Elle est souvent considérée comme une copie d’un prototype antérieur, probablement réalisé dans un autre matériau, mais la nature exacte de ce prototype reste discutée.

🖼️ La fiche complète de « Auguste de Prima Porta » : artiste, technique et histoire →
🎮 Tester mes connaissances