Un surnom inspiré par son apparence
Dans l’Atlantique, le mot « puffin » désigne souvent le macareux moine (Fratercula arctica), un oiseau marin reconnaissable entre tous. Son bec aplati, haut et vivement coloré lui vaut le surnom de « perroquet de mer ». La comparaison vient surtout de l’association entre les teintes orange, rouge et jaune du bec, sa forme épaisse et le plumage noir et blanc du macareux.
Ce bec n’est pas seulement décoratif. Il est solide et relativement large, ce qui aide l’oiseau à saisir des poissons glissants. Le macareux peut parfois garder plusieurs proies coincées transversalement dans son bec grâce à une langue et à des structures internes adaptées. Il les rapporte ainsi au terrier pour nourrir son poussin, au lieu de devoir effectuer un aller-retour pour chaque poisson.
La coloration spectaculaire est toutefois surtout visible pendant la période de reproduction. Après la saison des parades et de la nidification, les parties colorées du bec s’atténuent et certaines pièces externes se détachent. Le macareux prend alors une apparence plus sobre, et son bec paraît plus petit et moins vif. Une photographie prise en hiver peut donc donner une impression très différente de celle d’un adulte en plumage nuptial.
Comment le puffin plonge-t-il si profondément ?
Le macareux n’est pas un simple oiseau qui flotte à la surface : ses ailes lui servent aussi à « voler » sous l’eau. Lorsqu’il plonge, il les bat rapidement pour avancer, tandis que ses pattes palmées jouent principalement le rôle de gouvernail. Son corps fuselé réduit la résistance de l’eau et ses os, relativement denses pour un oiseau volant, facilitent l’immersion.
Il peut atteindre environ 60 mètres de profondeur pour poursuivre ses proies, même si la profondeur et la durée varient selon l’individu, la saison et l’endroit où se trouve la nourriture. Il ne descend pas systématiquement aussi bas : de nombreux plongeons sont moins profonds. Sous l’eau, il chasse surtout de petits poissons, mais aussi des crustacés et d’autres animaux marins.
Comme les autres oiseaux plongeurs, il doit gérer sa réserve d’oxygène. Avant de s’immerger, il prend de l’air, puis ralentit certaines fonctions physiologiques afin de conserver cette réserve pour les muscles et les organes essentiels. Cette adaptation explique pourquoi un macareux peut enchaîner des plongées, mais elle ne le transforme pas en animal marin permanent : il doit régulièrement revenir respirer à la surface.
Un oiseau marin, mais pas un pingouin
Le surnom de perroquet de mer peut aussi conduire à des comparaisons trompeuses. Le macareux ressemble parfois à un petit pingouin par son plumage contrasté et sa posture, mais il appartient aux alcidés, comme les guillemots et les mergules. Les pingouins véritables, au sens biologique, vivent dans l’hémisphère Sud et sont des manchots. Le macareux, lui, vole parfaitement et niche dans l’Atlantique Nord.
Ses ailes sont donc un compromis entre deux usages. Elles restent assez développées pour assurer le vol, mais elles sont aussi courtes et puissantes, ce qui les rend efficaces sous l’eau. Cette double compétence a un coût : le macareux doit battre rapidement des ailes en vol et dépenser beaucoup d’énergie, notamment lorsqu’il transporte des poissons vers sa colonie.
Où vit-il et comment se reproduit-il ?
Le macareux moine se reproduit sur les côtes rocheuses et les îles de l’Atlantique Nord, notamment autour de l’Islande, des îles Féroé, des îles Britanniques et de certaines régions du Canada. Il passe une grande partie de l’année en mer. Pendant la saison de reproduction, les adultes reviennent sur la terre ferme et utilisent généralement un terrier creusé dans le sol, parfois entre les rochers ou dans la végétation.
Le couple élève habituellement un seul poussin. Les parents alternent les déplacements en mer et peuvent rapporter plusieurs petits poissons à la fois. Les colonies donnent une image très sociale de l’espèce, mais chaque oiseau doit néanmoins trouver lui-même ses proies dans un environnement où les ressources varient fortement.
Trois idées reçues à corriger
- « Son bec est toujours aussi coloré » : non. Les couleurs sont particulièrement éclatantes pendant la reproduction et deviennent plus ternes après cette période.
- « Il plonge à 60 mètres à chaque fois » : non. Cette valeur correspond à une profondeur maximale rapportée, pas à la profondeur habituelle de toutes ses plongées.
- « Tous les puffins sont identiques » : non. Le macareux moine est l’espèce atlantique la plus connue, mais les macareux cornus et huppés vivent dans le Pacifique Nord et présentent des détails physiques différents.
Ainsi, le « perroquet de mer » doit son identité à un ensemble cohérent : un bec coloré adapté à la capture des proies, un plumage très contrasté et une remarquable aptitude à poursuivre les poissons sous l’eau. Son apparence attire l’œil, mais c’est surtout son compromis entre vol et plongée qui en fait un oiseau marin exceptionnel.
Questions fréquentes
Le puffin mange surtout de petits poissons, auxquels s’ajoutent des crustacés et d’autres petits animaux marins. La composition de son alimentation dépend de la région, de la saison et de la disponibilité des proies.
Oui. Ses ailes sont courtes mais puissantes, et lui permettent de voler rapidement entre la colonie et les zones de pêche. Elles servent aussi à avancer sous l’eau pendant les plongées.
On peut l’observer surtout dans l’Atlantique Nord, notamment en Islande, aux îles Féroé, dans les îles Britanniques et sur certaines côtes canadiennes. Il est généralement plus facile à voir près des colonies pendant la saison de reproduction.