Des plaques impressionnantes, mais pas une carapace
Le stégosaure portait deux rangées de grandes plaques triangulaires le long du cou, du dos et de la partie arrière du corps. Ces plaques étaient des ostéodermes : des structures osseuses formées dans la peau, plutôt que des éléments directement soudés à la colonne vertébrale. Leur taille et leur forme variaient selon leur position, avec des plaques généralement plus hautes vers le milieu du dos.
Elles ne constituaient donc pas une carapace continue comme celle d'une tortue. La peau et les tissus qui les entouraient les reliaient au corps, tandis que leur disposition alternée leur permettait de se dresser en deux files. Des vaisseaux sanguins ont été observés dans les plaques fossilisées, un indice important pour comprendre leur éventuel rôle physiologique.
L'hypothèse de la régulation de la température
L'explication la plus connue est que les plaques aidaient le stégosaure à gérer sa température corporelle. Une plaque très vascularisée pouvait recevoir du sang chaud provenant du corps. En l'exposant à l'air, au vent ou au soleil, l'animal aurait pu favoriser certains échanges de chaleur ; en la plaçant différemment, il aurait pu limiter ces échanges.
Cette idée est séduisante, car les plaques offraient une grande surface par rapport à leur épaisseur. Elles auraient pu fonctionner comme des radiateurs biologiques, notamment au début ou à la fin d'une période d'activité. Cependant, la forme exacte des plaques, leur orientation et la circulation réelle du sang restent difficiles à reconstituer chez un animal disparu. Les scientifiques ne considèrent donc pas la thermorégulation comme une certitude absolue.
Des signaux visuels pour communiquer
Les plaques ont aussi pu servir à la communication. Leur silhouette rendait le stégosaure facilement identifiable par ses congénères, ce qui pouvait être utile pour reconnaître un partenaire, un rival ou un individu de la même espèce. Des couleurs vives, des motifs ou des changements de teinte sont envisageables, mais aucun fossile ne permet de les confirmer directement pour le stégosaure.
La présentation des plaques pouvait également exprimer l'état de l'animal. Les dresser ou les orienter différemment aurait peut-être permis d'impressionner un adversaire ou de signaler une menace. Cette fonction d'affichage est compatible avec la thermorégulation : un même organe peut avoir plusieurs usages au cours de l'évolution. Les plaques n'étaient donc probablement pas « décoratives » au sens d'inutiles, même si leur rôle précis demeure débattu.
Étaient-elles une arme ou une protection ?
Les plaques pouvaient compliquer la morsure d'un prédateur, mais elles semblent trop fines et trop exposées pour former une armure très efficace. Elles protégeaient mal les flancs et ne recouvraient pas tout le corps. Leur fragilité apparente rend moins probable l'idée qu'elles servaient principalement à encaisser des coups.
La véritable arme du stégosaure était plutôt située à l'autre extrémité : sa queue portait quatre longues pointes, souvent appelées thagomizer. En la balançant, il pouvait probablement infliger de sérieuses blessures à un prédateur. Les plaques et les pointes avaient donc des fonctions potentiellement différentes : les premières pour la physiologie ou le signalement, les secondes pour la défense active.
Ce que l'on sait du stégosaure
Le stégosaure était un dinosaure quadrupède herbivore qui vivait en Amérique du Nord au Jurassique supérieur. Son corps massif pouvait atteindre environ 5 tonnes, alors que son cerveau ne pesait qu'environ 80 grammes, soit une masse souvent comparée à celle d'une noix. Ce contraste explique sa réputation d'animal au « petit cerveau », mais il ne permet pas de conclure qu'il était incapable de comportements complexes.
Une ancienne hypothèse évoquait un second cerveau dans les hanches pour expliquer la différence entre son corps et son cerveau. Cette idée n'est plus retenue : la cavité élargie près du bassin correspondait plus probablement à des tissus nerveux ou à des réserves liées à la moelle épinière, et non à un véritable deuxième cerveau.
En résumé, les plaques du dos avaient vraisemblablement plusieurs fonctions possibles. La régulation de la chaleur et la communication sont les explications les plus sérieusement discutées, tandis que leur rôle d'armure reste secondaire et que leur fonction exacte ne peut pas encore être tranchée avec certitude.
Questions fréquentes
Elles contenaient de l'os, mais n'étaient pas des blocs massifs soudés au squelette. Leur structure et leur vascularisation suggèrent un organe vivant, probablement recouvert de peau et peut-être de tissus kératinisés.
Elles pouvaient dissuader ou gêner un prédateur, mais elles n'étaient probablement pas sa principale arme. Sa queue munie de quatre pointes était bien mieux adaptée à une défense active.
Son cerveau pesait environ 80 grammes selon les estimations couramment retenues, une masse comparable à celle d'une noix. Cela ne signifie pas qu'il possédait un deuxième cerveau dans les hanches.