Une couleur héritée, puis sélectionnée
Le York Chocolate a été développé dans l’État de New York au début des années 1980, à partir de chats domestiques à poil long. La race est généralement associée à Janet Chiefari, qui a sélectionné des chatons présentant un pelage brun très sombre, puis a conservé leurs descendants pour fixer cette apparence. Les détails exacts des premiers croisements ne sont toutefois pas documentés avec la précision d’un programme généalogique moderne : il est donc prudent de parler d’une sélection de chats domestiques porteurs de couleurs recherchées, plutôt que d’une mutation créée spécialement pour la race.
Le mot « chocolat » décrit ici une couleur de robe transmise par les parents. Il ne signifie pas que le chat a été croisé avec une autre espèce, nourri d’une manière particulière ou exposé à une substance colorante. Comme chez les autres chats, le York Chocolate a reçu une copie de certains gènes de chacun de ses parents, et la combinaison obtenue détermine la quantité et la répartition des pigments dans ses poils.
Le mécanisme génétique du brun chocolat
La couleur sombre d’un chat dépend surtout de l’eumélanine, le pigment brun-noir. Dans le locus appelé Brown, le gène TYRP1 intervient dans la fabrication et la forme de ce pigment. Chez le chat, certaines variantes de ce gène réduisent la production d’eumélanine noire ou modifient sa structure : le poil apparaît alors brun, plutôt que noir.
La variante associée au chocolat est généralement récessive. Un chat doit donc en recevoir une copie de chacun de ses parents pour exprimer cette couleur. Un animal qui ne possède qu’une seule copie peut paraître noir tout en transmettant la variante à sa descendance. Lorsque deux porteurs sont accouplés, certains chatons peuvent recevoir les deux copies et devenir chocolat. C’est cette hérédité qui permet à la sélection d’éleveurs de rendre la couleur plus régulière au fil des générations.
La teinte n’est pas forcément identique sur tous les York Chocolate. Elle peut aller d’un brun chaud à un ton plus profond, selon d’autres gènes, la structure du poil et les conditions d’observation. La lumière, l’âge et la longueur du pelage changent aussi l’impression visuelle, sans modifier le patrimoine génétique du chat.
Pourquoi certains sont lilas ?
Le lilas n’est pas une couleur totalement indépendante du chocolat. Il résulte généralement de l’action combinée du gène brun et d’un gène de dilution, souvent associé au locus D. Quand le chat possède deux copies de la variante récessive de dilution, les grains de pigment sont répartis de façon moins dense dans le poil. Un brun chocolat peut alors devenir plus pâle, avec une nuance gris rosé ou lavande appelée lilas.
On peut résumer le mécanisme ainsi :
- une combinaison particulière de TYRP1 transforme la base noire en brun chocolat ;
- deux copies de la variante de dilution éclaircissent ce brun en lilas ;
- les gènes responsables de la longueur du poil agissent séparément et ne fabriquent pas la couleur.
Cette distinction explique pourquoi deux chats de la même race peuvent avoir des robes proches mais non identiques. La couleur chocolat et la dilution sont des caractères différents, même s’ils se voient ensemble chez certains individus.
Ce que la race a réellement « fabriqué »
Les éleveurs n’ont pas inventé un nouveau pigment propre au York Chocolate. Ils ont surtout repéré, parmi des chats domestiques, des combinaisons génétiques déjà possibles chez l’espèce, puis les ont reproduites. En parallèle, ils ont recherché des caractéristiques de type : poil mi-long à long, silhouette élancée mais musclée, queue fournie et tempérament apprécié.
Le brun chocolat n’est donc qu’un élément d’un ensemble sélectionné. Le poil long peut donner davantage de profondeur à la robe et faire paraître la couleur plus riche, mais il ne la cause pas. De même, les yeux dorés ou verts, la queue portée haut et l’attrait parfois rapporté pour l’eau ne permettent pas d’expliquer l’apparition du pigment brun.
Les idées reçues à corriger
Le pelage n’est pas dû à l’alimentation, à l’eau ou au climat de New York. Un York Chocolate peut aimer jouer dans un lavabo, mais cette habitude n’a aucun rapport connu avec ses gènes de couleur. Elle ne « lave » pas non plus une robe noire pour la rendre chocolat.
Il faut également éviter de confondre une robe chocolat génétique avec une variation temporaire. Le soleil peut éclaircir ou roussir l’extrémité de certains poils, et des problèmes de santé peuvent modifier l’aspect général de la fourrure, mais ces phénomènes ne produisent pas la combinaison héréditaire chocolat-lilas. Enfin, comme la race est rare et que ses origines précises sont imparfaitement documentées, on peut expliquer solidement le mécanisme génétique de la couleur sans prétendre connaître la mutation exacte portée par chaque lignée de York Chocolate.
Questions fréquentes
Non. Il s’agit d’une couleur de robe héréditaire liée à une variante récessive du gène TYRP1, qui modifie la production du pigment noir en pigment brun.
Deux copies d’une variante récessive de dilution peuvent éclaircir le brun chocolat. Le résultat est une teinte plus pâle, souvent décrite comme lilas ou lavande.
Non. La couleur dépend des variantes transmises par les deux parents, et certains chatons peuvent recevoir une combinaison produisant une autre couleur ou seulement porter la variante chocolat.