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Autoportrait à l’oreille bandée : le visage de Van Gogh après la crise

Peinture • Vincent van Gogh • 1889

Autoportrait à l’oreille bandée, peinture de Vincent van Gogh : Van Gogh se montre en buste, coiffé d’un bonnet, avec un bandage blanc autour de…
Autoportrait à l’oreille bandée — peinture de Vincent van Gogh (Postimpressionnisme, 1889), The Courtauld Gallery, Londres, Royaume-Uni

Image : domaine public, via Wikimedia Commons

Fiche de l'œuvre

ArtisteVincent van Gogh (1853-1890)
Année1889
MouvementPostimpressionnisme
Techniquehuile sur toile
Dimensions60 x 49 cm
ConservationThe Courtauld Gallery, Londres, Royaume-Uni
TypePeinture
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Comment la reconnaître

Van Gogh se montre en buste, coiffé d’un bonnet, avec un bandage blanc autour de l’oreille et une veste bleue.

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Artiste

Vincent van Gogh

🗓️

Période

1889 (Postimpressionnisme)

📍

Où la voir

The Courtauld Gallery, Londres, Royaume-Uni

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Le saviez-vous ?

Van Gogh a réalisé cet autoportrait après s’être mutilé l’oreille en décembre 1888, lors de sa crise à Arles.

Peint en 1889, Autoportrait à l’oreille bandée montre Vincent van Gogh peu après l’épisode dramatique survenu à Arles. Sous son bonnet, le peintre fixe le spectateur avec une expression grave, tandis qu’un large bandage blanc attire immédiatement le regard. Conservée à la Courtauld Gallery, à Londres, cette œuvre offre un témoignage direct de la fragilité de l’artiste, mais aussi de sa détermination à continuer de peindre.

L’histoire et l’origine de l’œuvre

À la fin de l’année 1888, Vincent van Gogh vit à Arles, dans le sud de la France. Il espère y établir un atelier collectif avec d’autres artistes et accueille Paul Gauguin dans la Maison jaune. Les deux peintres travaillent ensemble, mais leurs relations se tendent rapidement. Après une crise survenue en décembre, Van Gogh se mutile l’oreille. Les circonstances précises de l’épisode restent discutées, mais ses conséquences sont bien réelles : il est soigné à l’hôpital d’Arles, puis connaît plusieurs périodes de grande instabilité.

L’artiste réalise cet autoportrait en janvier 1889, peu après cette crise. La peinture appartient donc à un moment particulièrement intense de sa vie. Plutôt que de détourner le regard de son état, Van Gogh choisit de se représenter lui-même. La blessure devient un élément visible de son histoire, mais elle n’épuise pas le sens du tableau : le modèle est aussi un peintre au travail, concentré et présent.

Cette version est aujourd’hui conservée à The Courtauld Gallery, à Londres, au Royaume-Uni. Elle est généralement désignée en anglais sous le titre Self-Portrait with Bandaged Ear.

Décrire et comprendre le tableau

Van Gogh se montre en buste, légèrement tourné, mais suffisamment proche pour que le visage domine la composition. Il porte un bonnet épais et une veste bleue. Le bandage blanc qui entoure l’oreille forme une zone claire, presque lumineuse, au centre du portrait. Le contraste avec les couleurs plus sourdes du vêtement et du fond donne à cet élément une force visuelle immédiate.

Le regard est sérieux, direct, sans être théâtral. Van Gogh ne cherche pas à produire une image héroïque ni à masquer son épuisement. La pose paraît relativement immobile, comme si le peintre voulait observer avec lucidité son propre état. Cette frontalité crée une relation silencieuse avec le visiteur : nous ne sommes pas devant une scène d’action, mais face à un homme qui se reconstruit après un traumatisme.

La touche de Van Gogh reste visible et participe pleinement à l’expression du tableau. Les coups de pinceau construisent les formes autant qu’ils décrivent les couleurs. Les contours ne sont pas simplement dessinés : ils semblent animés par de petites lignes et des variations de matière. Les tonalités froides de la veste et du bonnet s’opposent aux accents plus chauds du visage, tandis que le bandage introduit une rupture nette dans l’ensemble.

L’œuvre est une peinture à l’huile sur toile d’environ 60 × 49 cm. Son format, assez resserré, renforce l’impression de proximité. Le spectateur se trouve à hauteur du visage, presque dans l’espace personnel du modèle. Dans l’arrière-plan, un élément décoratif évoque l’intérêt de Van Gogh pour les estampes japonaises, qui influencent alors son goût pour les aplats, les cadrages audacieux et les compositions dépouillées.

Vincent van Gogh, un peintre en quête de renouvellement

Né aux Pays-Bas en 1853, Vincent van Gogh commence à peindre relativement tard, après avoir exercé différents métiers et traversé une période de recherche personnelle. Sa formation est largement autodidacte. Il s’intéresse d’abord aux scènes de la vie quotidienne et aux travailleurs, avec une palette sombre, avant de découvrir à Paris les recherches impressionnistes et les couleurs plus claires.

Son installation à Arles en 1888 marque un tournant. La lumière du Midi, les paysages, les portraits et les objets familiers lui permettent d’explorer une peinture plus vive. Il privilégie les couleurs intenses, les contrastes et une touche énergique. Son projet d’atelier d’artistes témoigne de son désir de travailler dans un environnement collectif, même si sa relation avec Gauguin se révèle difficile.

Après Arles, Van Gogh séjourne notamment à Saint-Rémy-de-Provence, puis à Auvers-sur-Oise. Il continue à peindre avec une grande intensité jusqu’à sa mort en 1890. Son œuvre, rattachée au postimpressionnisme, ouvre la voie à de nombreuses recherches modernes sur la couleur, la matière et l’expression des émotions.

Une œuvre marquée par une anecdote douloureuse

L’anecdote la plus connue liée à ce tableau est évidemment la blessure à l’oreille survenue en décembre 1888. Elle a souvent été racontée de manière spectaculaire, au risque de réduire Van Gogh à cet épisode. L’autoportrait invite au contraire à dépasser le récit sensationnel. Il montre un artiste qui reprend son travail et utilise la peinture pour mettre en forme une expérience personnelle difficile.

Le bandage n’est pas le seul sujet du tableau. Van Gogh peint aussi un visage, un vêtement, une posture et une présence. En se représentant après la crise, il affirme que l’artiste demeure capable de regarder, de choisir et de créer. Cette tension entre vulnérabilité et volonté donne à l’œuvre sa puissance durable.

FAQ — Questions fréquentes

Où peut-on voir l’Autoportrait à l’oreille bandée ?

Le tableau est conservé à The Courtauld Gallery, à Londres, au Royaume-Uni. Il est conseillé de vérifier les conditions d’exposition avant la visite.

Quand Van Gogh a-t-il peint cette œuvre ?

Van Gogh l’a réalisée en 1889, peu après la crise de décembre 1888 à Arles au cours de laquelle il s’est mutilé l’oreille.

Que porte Van Gogh dans cet autoportrait ?

Il est représenté en buste, avec un bonnet, une veste bleue et un bandage blanc autour de l’oreille. Son regard direct donne au portrait une grande intensité.

Pourquoi ce tableau est-il important ?

Il témoigne de la manière dont Van Gogh transforme une expérience intime et douloureuse en image. La blessure y apparaît, mais l’œuvre insiste aussi sur la présence et la capacité de création du peintre.

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